Fusions et acquisitions au Québec en 2026 : un marché en pleine relance
Fusions et acquisitions au Québec en 2026 : un marché en pleine relance
Après un début d'année 2025 marqué par la prudence, le marché québécois des fusions et acquisitions retrouve son élan. Les données les plus récentes de PwC Canada, de la Banque de développement du Canada (BDC) et de plusieurs cabinets d'avocats spécialisés convergent vers le même constat : 2026 s'annonce comme une année de reprise soutenue, portée par une combinaison rare de facteurs économiques et démographiques. Pour les entrepreneurs québécois qui envisagent d'acheter ou de vendre une entreprise, comprendre ces tendances est un atout stratégique.
Un ralentissement suivi d'un rebond
Le marché n'a pas toujours été aussi favorable. Les six premiers mois de 2025 ont été marqués par un net repli du volume et de la cadence des transactions, les entreprises adoptant une posture défensive devant l'incertitude entourant les politiques commerciales américaines et le contexte géopolitique mondial. Cette pause a toutefois été de courte durée. Dès le second semestre 2025, l'activité transactionnelle a repris de la vigueur, une tendance que les prévisionnistes s'attendent à voir se poursuivre tout au long de 2026, appuyée par la baisse des taux d'intérêt et une stabilisation progressive du contexte tarifaire.
La vague démographique : un moteur structurel
Au-delà des cycles économiques, un phénomène de fond continue d'alimenter le marché des transferts d'entreprise au Québec : le vieillissement des propriétaires d'entreprise. Une part importante des dirigeants québécois ont aujourd'hui 50 ans ou plus, et une proportion significative d'entre eux prévoit de se retirer de leur entreprise au cours des cinq prochaines années. Fait notable, une part importante de ces départs pourrait survenir dès l'an prochain. Ce mouvement représente un transfert de valeur économique estimé à plusieurs centaines de milliards de dollars à l'échelle canadienne au cours des cinq prochaines années.
Ce contexte est particulièrement significatif pour le Québec, où le phénomène présente une caractéristique distincte : contrairement aux États-Unis, où l'on observe souvent des transferts de troisième ou quatrième génération, le Québec vit majoritairement des transferts de première génération. Les propriétaires actuels sont souvent les fondateurs eux-mêmes, ce qui change la nature de l'accompagnement requis. Le volet humain et émotionnel du processus de transfert prend une place au moins aussi importante que les aspects financiers et juridiques.
Les secteurs qui attirent les acquéreurs
Certains secteurs se démarquent particulièrement dans les intentions d'acquisition pour 2026. La défense arrive en tête des priorités, portée par des investissements publics annoncés, mais son influence dépasse largement le cadre strictement militaire : elle stimule également l'activité dans la cybersécurité, les télécommunications, les infrastructures et même l'agroalimentaire. L'intelligence artificielle constitue un second pôle d'attraction majeur, avec une volonté marquée de favoriser une IA plus souveraine, ce qui pourrait encourager des acquisitions locales dans les centres de données, les applications spécialisées et les solutions de sécurité numérique.
Un troisième mouvement mérite l'attention des entrepreneurs : la progression des transactions locales, où des acheteurs canadiens font l'acquisition d'entreprises canadiennes. Ces transactions représentent désormais environ la moitié de l'ensemble de l'activité M&A au pays, une proportion qui reflète à la fois une volonté d'investir dans le marché intérieur et une confiance renouvelée envers les avantages économiques nationaux.
Ce que ces tendances signifient pour les entrepreneurs québécois
Pour un entrepreneur qui envisage de vendre son entreprise, ce contexte est porteur de plusieurs signaux positifs. La demande pour les PME et les entreprises de taille intermédiaire demeure forte, alimentée à la fois par les acquéreurs stratégiques à la recherche de croissance et par les firmes de capital-investissement qui font face à une pression grandissante pour déployer leurs importantes réserves de liquidités. Cette combinaison crée un environnement généralement favorable aux vendeurs, particulièrement dans les secteurs jugés stratégiques.
Pour un entrepreneur qui envisage plutôt une acquisition, la fenêtre actuelle offre l'occasion de cibler des entreprises de qualité dont les propriétaires approchent de la retraite, souvent avant que ces occasions ne deviennent largement compétitives. Dans les deux cas, la clé demeure la même : bien se préparer, s'entourer des bons conseillers et comprendre la valeur réelle de son entreprise ou de sa cible avant d'entamer le processus.
Une évolution à suivre de près
Le marché des fusions et acquisitions demeure sensible aux soubresauts macroéconomiques et géopolitiques, et une prudence de mise reste de rigueur. Mais la convergence des facteurs structurels, le transfert générationnel, l'appétit pour les secteurs stratégiques et le retour de la confiance des acquéreurs dessine un contexte particulièrement propice pour les entrepreneurs québécois qui planifient une transaction dans les prochains mois. Chez Optivest, nous suivons ces tendances de près afin d'accompagner nos clients avec une lecture juste du marché, que ce soit pour vendre, acheter ou simplement évaluer le bon moment pour agir.