Comment financer l'achat d'une entreprise au Québec en 2026
Trouver la bonne entreprise à acquérir n'est souvent que la moitié du travail. L'autre moitié — parfois la plus déterminante — consiste à structurer un financement solide, capable de convaincre le vendeur et de résister à l'examen des institutions financières. Le Québec bénéficie d'un écosystème de financement au repreneuriat particulièrement développé, mais encore trop peu connu des entrepreneurs qui achètent une entreprise pour la première fois.
En juin 2026, le gouvernement du Québec a annoncé 500 millions de dollars supplémentaires pour soutenir les projets de relève et de transfert d'entreprise, dont 350 millions provenant des fonds propres d'Investissement Québec pour des interventions de 250 000 $ et plus. Ce geste confirme l'ampleur du chantier : en 2026, près de 16 000 dirigeants québécois déclarent avoir l'intention de vendre ou de transférer leur entreprise dans un avenir proche.
Le financement bancaire traditionnel : la base du montage
Pour la majorité des transactions, le financement commence par une institution bancaire, qui prête généralement contre des garanties tangibles (équipements, immeubles, comptes clients). Les banques financent rarement 100 % du prix d'achat, ce qui explique pourquoi la plupart des transactions combinent plusieurs sources de capital.
La BDC : un partenaire clé, particulièrement pour l'achalandage
La Banque de développement du Canada occupe une place particulière dans le financement d'acquisition au Québec, notamment parce qu'elle accepte de financer l'achalandage (goodwill) — un enjeu déterminant pour les entreprises de services ou de technologie où les actifs tangibles sont limités. Ses produits de financement de transfert peuvent, dans certains cas de relève, couvrir une portion importante des coûts liés à la transition de direction.
Investissement Québec et le Fonds de transfert d'entreprises du Québec
Investissement Québec agit comme catalyseur pour combler l'écart de financement que les prêteurs traditionnels ne peuvent couvrir seuls, notamment via des garanties de prêt ou des prêts subordonnés qui rassurent les créanciers de premier rang.
Le Fonds de transfert d'entreprises du Québec (FTEQ), doté d'une capitalisation de 20 millions de dollars provenant du Fonds du développement économique du Québec et du Fonds de solidarité FTQ, cible spécifiquement l'acquisition ou la reprise d'entreprises québécoises existantes. Il s'applique aux transferts familiaux, aux rachats par des cadres internes, ou aux acquisitions par des acheteurs externes — à condition qu'Investissement Québec ou le Fonds de solidarité FTQ participe directement au financement de l'entreprise acheteuse.
Le Fonds de solidarité FTQ et ses Fonds régionaux
Les 17 Fonds régionaux de solidarité FTQ offrent jusqu'à 5 millions de dollars par projet, sous forme de prêts sans garantie ni caution personnelle ou de capital-actions minoritaire, spécifiquement pour soutenir la relève et le transfert d'entreprise en région. Selon les données les plus récentes des Fonds régionaux, plus de la moitié de leurs investissements de la dernière année ont directement appuyé la relève d'entreprises — une proportion qui illustre à quel point le repreneuriat est devenu une priorité de financement au Québec.
La balance de prix de vente (financement du vendeur)
Particulièrement fréquente dans les transactions de PME, cette structure permet au cédant de financer lui-même une partie du prix de vente, remboursée par l'acheteur sur plusieurs années. Elle présente un double avantage : elle réduit le montant à financer par des tiers, et elle envoie un signal de confiance du vendeur envers la capacité future de l'entreprise à générer les flux nécessaires au remboursement.
L'earn-out : combler l'écart entre les attentes du vendeur et le risque perçu par l'acheteur
Lorsque les attentes de prix du vendeur dépassent ce que l'acheteur est prêt à payer comptant, une portion du prix peut être structurée en earn-out — payable dans le futur, conditionnellement à l'atteinte de cibles de performance. Ce mécanisme, que nous avons déjà couvert en détail sur ce blogue, s'intègre naturellement dans un montage financier plus large.
Structurer le bon montage : une question d'équilibre
Une structure de financement type combine généralement plusieurs de ces sources : financement bancaire ou BDC pour la portion garantie, un complément d'Investissement Québec ou d'un Fonds régional FTQ pour combler l'écart, une balance de prix de vente pour rassurer le vendeur, et parfois un earn-out pour absorber l'incertitude sur la performance future.
Un dossier mal structuré — trop dépendant d'une seule source, ou avec un ratio d'endettement excessif — est l'une des principales causes d'échec des transactions, bien avant même d'atteindre l'étape de la vérification diligente. Une note du secteur observait d'ailleurs qu'une majorité de transactions échouent non pas en raison de la rentabilité de l'entreprise ciblée, mais à cause d'une structure de capital mal montée.
Bien se préparer avant d'approcher les prêteurs
Pour maximiser ses chances d'obtenir un financement favorable, un acquéreur a intérêt à présenter un plan d'affaires robuste, incluant des projections financières sur plusieurs années et une analyse de sensibilité aux variations de taux d'intérêt, ainsi qu'une compréhension claire du BAIIA ajusté de l'entreprise ciblée — la base sur laquelle repose la majorité des décisions de financement.
Chez Optivest, nous accompagnons autant les acheteurs que les vendeurs dans la structuration du financement d'une transaction, en identifiant les bons partenaires financiers — bancaires, gouvernementaux ou privés — selon la nature et la taille du projet.
Vous planifiez l'acquisition d'une entreprise et vous vous demandez comment structurer le financement ? Contactez notre équipe pour en discuter.